Le 6 septembre 2025, Patrick et Agnès Dupressoir ont accueilli dans leur Galerie d’Art et d’Or à Châtillon-sur-Seine l’inauguration de l’exposition d’Alain Carron, peintre, et Guy Lafond, sculpteur.
À cette occasion, le poète Michel Lagrange a présenté les artistes par des textes de sa composition. Voici ce qu’il a dit à propos de Guy :
Avant de pénétrer dans cette Galerie qui nous est si chère, on est aujourd’hui accueilli par un athlétique soldat romain, qui rêve aux chevaux de son quadrige ! Et puis on entre et on regarde, en s’adaptant.
Il y a deux types de regards, deux types de lecture, quand on entre dans une galerie d’art. Le regard de renseignement, selon lequel nous lisons les journaux par exemple, superficiel, prosaïque, interrogeant l’œuvre exposée de loin ; et le regard artistique, selon lequel nous interrogeons un poème, une œuvre d’art, qui mobilise une part bien plus importante de notre esprit, qui entre en relation avec l’œuvre exposée, qui la questionne, l’approfondit, et cherche à la comprendre. C’est de ce regard qu’il s’agit quand on se veut un visiteur qui se passionne pour les œuvres exposées. Ce regard est aussi celui de l’artiste, face à son matériau premier.
Guy Lafond est un questionneur, un accoucheur. Il s’adresse aux arbres et il leur demande la permission de délivrer du tronc d’un arbre un personnage qui attendait sa liberté. Il y a de la fantaisie dans ses sculptures qui comprennent le sens du bois, la montée sensuelle de la sève humaine, la direction humoristique d’un geste créateur, féru de perspectives humaines.
Il y a de l’humour dans cette sculpture, de la tendresse. Laisser s’exprimer le bois demande une sensibilité respectueuse. Sculpter le bois, c’est comprendre l’arbre, le sens de sa vie, sa quête de l’altitude, c’est puiser son inspiration dans la matière et en dégager l’esprit. Par exemple cet envol de douze oiseaux « qui forcément me parleront de poésie ». Au-delà de la belle apparence, Guy Lafond nous parle de notre temps. Il nous appartient de comprendre que cet art de beauté est aussi un regard sur notre monde et sur ses dangers. Ce faune robotisé à l’entrée de cette salle n’est-il pas l’expression de l’ensauvagement de l’homme soumis à une Intelligence Artificielle ? Il y a dans ces sculptures un amour de la vie, sans les beautés narcissiques de la démesure humaine. Sculpter, c’est dialoguer, instruire, et plaire.
Je sais que Guy Lafond sculpte la neige et la glace, à la façon des asiatiques, ou des Chinois. C’est un bel hommage à la création pure que cet art de l’éphémère, sans le souci prégnant de l’immortalité. Créer pour le besoin, pour le plaisir de créer. Même si l’on sait que ce qui a été sculpté pour quelques heures ou quelques jours demeure dans l’esprit, dans la réalité spirituelle à tout jamais.
Quel que soit le matériau utilisé, il s’agit de quêter l’harmonie. Faire sortir d’un tronc d’arbre un personnage dont on oublie bientôt qu’il est de bois. Là aussi, nous nous trouvons devant un univers sain, innocent, respectueux, heureux d’être et de donner à autrui la sève du travail méticuleux, à la recherche de l’humain fondamental.

Les textes de Michel Lagrange sont publiés avec des photos de l’exposition sur le site de la Galerie d’Art et d’Or.

















Merci la Galerie d’Art et d’Or, merci Patrick, merci Agnès.
Merci Alain, merci Michel Lagrange.

